dimanche 15 novembre 2009

L'image


L’image ou l’identité. Plus j’avance dans la vie (plus je grandis et me cure les oreilles donc) plus je me rends compte comme nos relations sont un perpétuel jeu de miroirs. Il faut réussir à deviner le regard que quelqu’un a sur lui-même pour lui tendre le bon miroir.
Attention ! Un faux pas et un miroir trop fat, l’illusion se tâche et le monsieur se fâche.
En grandissant, les masques se multiplient. Au travail, je dois respecter mon chef, car c’est la hiérarchie. Parfois j’ai tellement envie de lui crier son incompétence mais je ne dois jamais lui faire perdre la face. Écorner son image.

Il y a de quoi devenir fou car les images que les uns et les autres peuvent avoir de vous se complètent, se contredisent, s’alimentent ou se détruisent.

Hier on m’a dit que je râlais toujours. J’ai sentit un long frisson de colère me parcourir l’échine. Je suis quelqu’un de bavard et je raconte tout, le bien, le mal de mon existence comme une source qui coule, sans y penser, sans y attacher de l’importance. Mais je ne râle pas. Il a fallu que je ravale mon image écornée pour mieux écouter la critique.
Depuis je me demande ce que je représente pour moi-même. Quels sont les masques que je brandis à gauche et à droite ?

Faut-il ne pas avoir d’image ? Est-ce le comble de la futilité ? Ou l’affirmation de mon identité ?
Je crois qu’une bonne image, la vraie, celle qui forge l’identité, c’est celle qu’on n’a pas besoin de voir reproduite à l’infini dans les miroirs d’autrui nous tend. Avancer sur son chemin avec ses drapeaux et ses armoiries.
Je me sens tellement mieux depuis que j’ai déplacé ma vanité. Du rouge de mes joues elle est descendue dans mes orteils. Elle me pique encore beaucoup mais quand on se moque de moi, je ne m’affole plus comme un métronome suivant un rythme effréné.

Ou alors, au final, une bonne image ce serait de s’en foutre d’en avoir une ou pas.

Car franchement moi je m’emmerde la vie avec un chef qui n’a pas assez de confiance en lui pour accepter que la nouvelle puisse avoir de bonnes idées.

vendredi 13 novembre 2009

Ma légende personnelle


Vous connaissez l’Alchimiste ? J’aime ce livre qui donne l’espoir que tout un chacun peut trouver un sens à sa vie même si je trouve ce livre doux amer, j’aimerai y croire mais j’ai cette sensation que c’est un beau rêve, un conte, une histoire pour s’endormir.

Après le bac, ma tante m’a racontée comme elle avait elle-même vécu cette époque complètement ivre de sa liberté et qu’elle me souhaitait la même chose. J’ai sourit nerveusement, on était en juin et je n’avais pas ouvert un guide de l’Etudiant quand tous mes amis savaient déjà où aller.
J’ai été traumatisée par le post-bac.
Soudain, on m’a fait comprendre que finalement le monde n’avait pas une place toute chaude juste pour moi, accordée à mes désirs et moyens.
Non, il fallait que je montre les crocs et que je fasse un choix.

J’ai finit par choisir en traînant des quatre fers et en hennissant mon chagrin à qui voulait l’entendre. Je regardais d’un œil mauvais tous ces salauds de passionnés qui vont droit au but sans se poser de questions tandis que j’étais là sur la touche, à osciller entre droite et gauche.

Va pour la gauche.
Non la droite.
Bon, demi-tour.

J’ai dit à mon papa « Je ne veux pas faire d’études, je ne veux pas finir dans un bureau, je ne veux pas m’ennuyer. Je veux écrire »
C’est mon rêve de bébé ça. Ce que j’ai religieusement écrit sur chacune de mes fiches à chaque rentrée.
Mon père m’a dit, sans condescendance : « D’abord tu garde les pieds sur terre, assure ton avenir, ce n’est pas un métier facile. Quand tu sentiras que tu ne pourras plus rien faire d’autre qu’écrire, et bien tu le feras. »
Sa sagesse m’a clouée comme chaque fois. Alors je suis retournée sur le chemin de l’école, en ronchonnant.

Le fait est que je serai écrivain. Ecrivain de contes et conteuse, fabuliste. Je le suis déjà à mes heures perdues et je coince tous les gosses que je trouve pour m’entraîner.
Je vais le faire.
Je me suis déjà demandé « et si je suis mauvaise ? » Réponse « on s’en fout, fais le avec cœur et ça viendra et si tu aimes, mauvaise ou non, tu continueras »

Je le ferai. Mais avec prudence et sans folie. Étapes par étapes. Mon prochain projet ?
Partir sur les routes d’Auvergne (car l’Auvergne c’est un peu vide mais pas trop), un bouquin sous les bras et mendier l’hospitalité contre des histoires. L’idéal étant de chopper un âne pour le folklore et la compagnie même si la bête n’est pas causante.

J’ai une seule certitude dans la vie et je ne la lâcherai pas.
Je prends mon temps mais quand c’est le moment de faire les choses je les fais.
A mon rythme.
Point et sans fioritures aucunes.