L’image ou l’identité. Plus j’avance dans la vie (plus je grandis et me cure les oreilles donc) plus je me rends compte comme nos relations sont un perpétuel jeu de miroirs. Il faut réussir à deviner le regard que quelqu’un a sur lui-même pour lui tendre le bon miroir.
Attention ! Un faux pas et un miroir trop fat, l’illusion se tâche et le monsieur se fâche.
En grandissant, les masques se multiplient. Au travail, je dois respecter mon chef, car c’est la hiérarchie. Parfois j’ai tellement envie de lui crier son incompétence mais je ne dois jamais lui faire perdre la face. Écorner son image.
Il y a de quoi devenir fou car les images que les uns et les autres peuvent avoir de vous se complètent, se contredisent, s’alimentent ou se détruisent.
Hier on m’a dit que je râlais toujours. J’ai sentit un long frisson de colère me parcourir l’échine. Je suis quelqu’un de bavard et je raconte tout, le bien, le mal de mon existence comme une source qui coule, sans y penser, sans y attacher de l’importance. Mais je ne râle pas. Il a fallu que je ravale mon image écornée pour mieux écouter la critique.
Depuis je me demande ce que je représente pour moi-même. Quels sont les masques que je brandis à gauche et à droite ?
Faut-il ne pas avoir d’image ? Est-ce le comble de la futilité ? Ou l’affirmation de mon identité ?
Je crois qu’une bonne image, la vraie, celle qui forge l’identité, c’est celle qu’on n’a pas besoin de voir reproduite à l’infini dans les miroirs d’autrui nous tend. Avancer sur son chemin avec ses drapeaux et ses armoiries.
Je me sens tellement mieux depuis que j’ai déplacé ma vanité. Du rouge de mes joues elle est descendue dans mes orteils. Elle me pique encore beaucoup mais quand on se moque de moi, je ne m’affole plus comme un métronome suivant un rythme effréné.
Ou alors, au final, une bonne image ce serait de s’en foutre d’en avoir une ou pas.
Car franchement moi je m’emmerde la vie avec un chef qui n’a pas assez de confiance en lui pour accepter que la nouvelle puisse avoir de bonnes idées.
Car franchement moi je m’emmerde la vie avec un chef qui n’a pas assez de confiance en lui pour accepter que la nouvelle puisse avoir de bonnes idées.
